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Publié le 24/08/2010 | 17:28

RUGBY. La rentrée paisible de Mathieu Bastareaud

Par Benoît JOURDAIN

Ce week-end, le Stade Français se rend dans la ville Rose pour affronter le Stade Toulousain. Mathieu Bastareaud et son équipe vont tenter de continuer sur leur lancée du début de saison.

Mathieu Bastareaud, tout sourire, lors de la victoire face à Bourgoin - MIGUEL MEDINA ©AFP Nouvelle saison, nouvelle coupe de cheveux. Ses dreadlocks s’agitant au vent sont désormais un souvenir. "J’avais envie de changer de tête" commente sobrement Mathieu Bastareaud dans L’Equipe de mardi. Il y a un an, une telle interview comme celle qu’il a donnée au quotidien sportif n’aurait pas été possible. Il était encore traumatisé par l’affaire qui avait secoué le XV de France lors de la tournée dans l’hémisphère Sud dans la nuit du 20 au 21 juin 2009. Cette nuit là, il avait déclaré avoir été agressé, puis était revenu sur ses propos mensongers affirmant s’être blessé avec une table de nuit à l’hôtel. Quatorze mois après, tout cela est oublié. "Les yeux sont moins braqués sur moi, ou pas pour les mêmes raisons. Alors, je me détends un peu plus. C’est dans la logique des choses. Je m’ouvre à mes coéquipiers, mes amis, aux gens en général", explique-t-il. Son travail avec la psychologue de l’INSEP Meriem Salmi a donc porté ses fruits. "On va reprendre tranquillement à la rentrée et, même quand je ne la vois pas, je lui passe un petit coup de téléphone. Elle fait partie de ma routine. Je me sens mieux grâce à elle et l’ai conseillée à des joueurs du centre de formation" confie le centre parisien.

Le poids de la discorde ?
Mathieu Bastareaud est corpulent, ce n’est pas nouveau. Ce qui l’est plus c’est son rapport à son poids. Les privations, éviter les excès, le Guadeloupéen a pris conscience des exigences du haut niveau. "Comme j’ai une morphologie à vite prendre du poids, je fais un peu plus attention", estime-t-il. Malgré ce débat, il se sent "mieux sur le terrain, plus à l’aise". La préparation physique façonnée par Chris Dennis, le préparateur australien nouveau venu dans le staff du Stade Français, semble lui convenir. Il apprécie la méthode. "Enfin un qui me comprend. Ce n’est pas forcément nous mettre sur un vélo à 7 heures du mat’ qui va arranger les choses". Le côté ludique des ateliers plaît au (encore) jeune joueur de 21 ans. "On fait du free fight (…) On n’a pas d’adversaire, mais on frappe sur un boudin. On enchaîne les coups de coude, d’avant-bras… j’aime bien", sourit-il. Il ne dit pas qu’il en fera une possible reconversion, mais l’expérience lui a suffisamment plus pour qu’il intègre une salle parisienne en septembre prochain.

Les Bleus et le Top 14
S’il n’a pas pris part à la tournée d’été dans l’hémisphère sud, il a bien l’intention d’être à la prochaine Coupe du monde, bien qu’il ne l’affirme pas. Cela signifierait remettre les pieds en Nouvelle-Zélande, une île qui lui a causé bien des tourments. Pour l’instant, le Parisien préfère ne pas y songer. "J’y penserai le jour J, si j’y suis. Je ne vais pas commencer à me prendre la tête maintenant. Je me sens mieux dans ma vie personnelle, au rugby. Qu’on me laisse tranquille, travailler dans mon coin, et ça ira", demande-t-il. En attendant septembre 2011, samedi se profile l’une des affiches du Top 14, Toulouse-Stade Français. L’actuel leader parisien face au troisième. L’année dernière, les deux clubs s’étaient séparés sur un score de parité à l’aller au Stadium (9-9). Au retour par contre, le club de Max Guazzini avait pris une "fessée" (0-29) restée en travers de la gorge de l’Antillais. "On était tous spectateurs, moi le premier", affirme-t-il. Toutefois, il pourrait être sur le banc pour l’affiche puisque son entraîneur Michael Cheika a la volonté de faire tourner son effectif.

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