Qualifiée pour la finale de vendredi, Muriel Hurtis est en passe de réussir son pari du passage du 200 au 400 mètres. Un pari aussi rapide que payant pour l’instant.
L’effort du 400 mètres est violent pour Muriel Hurtis - JAVIER SORIANO ©AFP
De Sotteville-lès-Rouen à Barcelone. C’est dans la ville de Seine-Maritime que le parcours menant en Catalogne a commencé pour Muriel Hurtis. Mi-juin lors d’un meeting, la Guadeloupéenne termine un 200 mètres à plus d’une seconde de son record personnel. A un mois et demi des championnats d’Europe, elle doit se rendre à l’évidence : si elle ne veut pas voir Barcelone depuis son canapé, elle doit changer de distance. "J’ai débuté la saison pour faire du 200 m, mais après deux courses, j’ai compris que j’étais loin. Alors après Sotteville, on a décidé avec Renaud (Longuèvre son entraîneur) de tenter le coup sur 400 m", a-t-elle expliqué. Comme sur la piste, la championne du monde du 200 mètres en salle est rapide à traduire sa décision par les actes. Moins de deux semaines après Sotteville, elle s’aligne sur le tour de piste, le deuxième qu’elle court dans sa carrière. Pari gagnant puisqu’elle réalise les minima pour la Catalogne. Sa maternité et ses blessures sont désormais derrière elle, elle peut aujourd’hui savourer sa reconversion express. "A partir de ce moment, je me suis vraiment préparée pour ça. J’ai réalisé que j’avais la chance d’avoir un nouveau défi qui se présentait à moi", se justifie la championne du monde 2003 en relais 4x100 mètres.
Le chemin inverse de Marie-Josée Pérec
Quand Marie-Josée Pérec débarquait du 400 pour doubler avec le 200 à Atlanta (deux titres de championne olympique à la clé en 1996), Muriel Hurtis est en passe de réussir le parcours inverse. Championne de France dès sa quatrième course en 51 secondes 41 (treizième temps continental de l’année) sur le tour de piste, elle a dû adapter sa façon de courir à cette nouvelle distance. "Ce n’est pas le même effort. La musculation est moins importante. Je me fais plaisir en course mais à l’entraînement, je rencontre des souffrances que je ne connaissais pas. Je serre les dents", explique-t-elle. Son long moment de récupération après sa qualification pour la finale en témoigne. Sur la piste où Marie-Josée Pérec a remporté son premier titre olympique sur cette distance en 1992, la Guadeloupéenne tentera d’imiter sa glorieuse aînée…
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