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Publié le 16/09/2009 | 16:50

CYCLONE. Il y a 20 ans, Hugo passait par la Guadeloupe

Par Maité KODA

Le 16 septembre 1989, le cyclone Hugo s’abattait sur l’archipel guadeloupéen, causant plus d’une dizaine de morts et dévastant le paysage et l’économie locale.

Hugo était un cyclone de catégorie 5 © DR Vingt ans jour pour jour. Dans la nuit du 16 au 17 septembre 1989, un des plus violent cyclone tropical qu’ont connu les Antilles s’abattait sur la Caraïbe, touchant très sévèrement la Guadeloupe.

Nous sommes en septembre 1989. Née dans l’océan Atlantique au large du Cap vert, une dépression tropicale poursuit sa route vers les Caraïbes, se renforçant un peu plus à chaque instant et prenant la forme d’une tempête tropicale. Devenu officiellement un cyclone alors qu’il se rapproche des Antilles, Hugo est classé dans la catégorie cyclone de niveau cinq, sur une échelle de… cinq.

La Désirade, première touchée
Dans son œil de mire : l’archipel guadeloupéen où, dès le 15 septembre, l’alerte n°1 est donnée. La population prépare alors son stock d’eau, de conserves et de bougies. Les écoles sont fermées, les consignes de sécurité relayées par les médias. Après une belle et calme journée du samedi 16 septembre, c’est en début de soirée que des vagues de plus de cinq mètres accompagnent les premières rafales, dont l’intensité ne cesse d’augmenter. 

A partir de 22 heures, le téléphone et l’électricité sont coupés. Après avoir entamé son séjour guadeloupéen par la Désirade, Hugo arrive en Grande Terre.
Il poursuit alors son long et douloureux processus destructeur, arrachant les toits, déplaçant les voitures, explosant les vitres et couchant les arbres. Après une brève trêve lors du passage de l’œil, les vents reprennent de plus belle, jusqu’au matin du dimanche 17 septembre.

"J’ai eu l’impression qu’une bombe était tombée"
C’est à ce moment que la majorité des habitants de l’archipel découvre alors un spectacle de désolation. Les arbres sont arrachés ou pliés. Des gravats éparpillés témoignent de l’existence de bâtiments, aujourd’hui réduits à néant. Les nombreux toits de tôles qui recouvrent les maisons n’ont pas pu résister à l’assaut. La place de la Victoires, à Pointe-à-Pitre est méconnaissable. Les arbres brûlés par le sel marin, le sol encombré de bateaux qui étaient amarrés dans le port tout proche… La place de la Victoire à Pointe-à-Pitre photographiée le 19 septembre 1989 © AFP

Gérard César, grand reporter à RFO Guadeloupe se souvient : « C’était toute la Guadeloupe et en particulier la Grande-Terre qui était abîmée, explique-t-il au micro de RFO radio. Quand nous sommes arrivés à Saint-François, j’ai eu l’impression qu’une bombe était tombée sur la Guadeloupe. On avait l’impression que tout était en train de disparaitre. Et que tout était éparpillé, comme les esprits d’ailleurs ».

Une économie dévastée
Des rafales de vent de plus de 300 kilomètres heures sont relevées. Plus d’une dizaine de morts est à déplorer, ainsi que des dizaines de milliers de sans abris et des dégâts matériels considérables.
Les exploitations agricoles de l’île de canne à sucre et les bananeraies sont entièrement détruites, tout comme la production d’ananas, causant des dommages catastrophiques pour l’économie locale. En dépit de la solidarité nationale et surtout locale, l’archipel mettra plusieurs années à se remettre du passage de l’ouragan. Des cocotiers détruits au Gosier après le passage du cyclone © AFP

Le cyclone poursuit ensuite son funeste parcours vers Porto-Rico, puis les Etats-Unis. Il frôle la Floride avant d’approcher la Caroline du Sud. Ce n’est que le 22 septembre, en pénétrant plus profondément dans les terres, que le cyclone mourra, laissant derrière lui des dizaines de morts.

 Depuis 1989, les Guadeloupéens ont eu à subir les assauts de nombreux cyclones ou tempêtes tropicales, aux noms toujours plus sympathiques. Luis et Marylin en 1995, Georges en 1998, Lenny en 1999. Pourtant, Hugo a marqué les mémoires de tous ceux qui l’ont vécu. En dépit de la solidarité nationale et surtout locale, l’archipel mettra plusieurs années à se remettre du passage de l’ouragan. Vingt ans après, son souvenir ne manque jamais d’être évoqué lors des différentes alertes météorologiques qui jalonnent la période cyclonique.

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