Culture - Hommage : 30 ans après

Publié le 11/05/2011 | 14:28

Marley, vivant !

Par Catherine LE PELLETIER

11 mai 1981. La nouvelle tombe comme une brûlure de braise sur la peau des fans : Bob Marley est mort. Bien sûr, sa maladie était connue. Mais il avait, déjà, une telle dimension mythique, que le fol espoir de l’immortalité accompagnait son image.


Comment expliquer que 30 ans après sa disparition, celui que l’on appelait « le King Marley  », soit toujours aussi présent dans l’esprit du grand public  ? Marley, s’il avait vécu, aurait eu 66 ans en 2011. Lorsqu’il est mort, il en avait 36. Parti dans la force de l’âge, il laissera l’image toujours plus dynamique, d’un homme jeune, plein de vie et de créativité.

La vague Marley
Si vous vous promenez à Belem, à Bahia ou à Rio, autrement dit, du nord au sud du Brésil, vous serez accompagnés par les sons «  marleysiens  ». Au Brésil, pays-continent, le succès de Bob Marley dépasse celui de tout autre musicien non brésilien. Sur le continent africain, du nord au sud, la déferlante est la même. Marley a marqué les esprits.  Maintenant, allons dans la Caraïbe. Qu’elle soit francophone, anglophone, hispanophone ou même lusophone, les airs de Marley sont connus, entonnés, parfois lors d’événements précis, comme des hymnes. Ses titres de chansons revêtent même l’habit de proverbes. Ses codes langagiers ont été intégrés à la vie quotidienne  : «  Babylon  » revêt désormais une connotation négative, comme la police dans la cité  ; «  I shot the Sheriff  » change la donne de la justice  ; «  No woman, no cry  » réinstalle la perception de la famille… Chaque titre propose sa vision d’une situation, d’un comportement ou d’un type de personnes. Au final, c’est bien à une société nouvelle que Marley faisait référence. 

Jah Ras Tafari
Outre le message premier, compréhensible d’emblée avec les paroles des chansons, Marley s’est également fait le chantre d’une religion basée sur l’adoration de Jah. Très vite, les adorateurs de Jah, imposeront leurs croyances, comme un mouvement, un mode de vie qui s’est résolument installé en décalage avec la société occidentale. Le mouvement de la non-violence par excellence, a accompagné différentes générations d’hommes et de femmes qui, pour le suivre, ont aussi sacrifié à la loi des dreadlocks. Dans un monde pris dans le tourbillon du temps, où tout va de plus en plus vite, la relation à la lenteur s’installe ostensiblement en décalage avec les Rasta, qui, souvent, -c’est d’ailleurs le premier reproche qui leur est fait- s’imposent comme temps de réaction, celui de la marijuana ou de toute autre herbe à fumer.

La légende perdure
Lorsque Robert Nesta Marley s’éteignait à Miami, le 11 mai 1981, ses fans n’imaginaient pas que quelques trois décennies après, sa légende aurait été aussi forte.  Sa veuve, Rita Marley, ses enfants, ses producteurs, tous ont joué de l’accompagnement marketing avec maestria. Peu importe  ! Marley fait partie aujourd’hui des mythes Noirs, beaucoup plus rares que les autres. Il a certainement contribué à imposer une certaine image de la non-violence qui, aujourd’hui encore, sert de repère à nombre de jeunes. Ceux-ci, pour beaucoup, disent se reconnaître toujours dans ses chansons. Mais l’on peut cependant s’interroger sur la réussite que connaît toujours les chansons de Marley  : comment expliquer que le succès perdure, alors qu’aujourd’hui, l’accompagnement des chansons peut paraître désuet, comparativement à l’évolution musicale  ? La réponse est probablement dans le phénomène qui a toujours accompagné Bob Marley et que ceux qui l’ont côtoyé rappellent systématiquement  : la magie qui faisait partie intégrante de sa personnalité.

LIRE AUSSI :
- Bob Marley, "Africa Unite"
- Le documentaire sur Bob Marley change de mains

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