La République française a rendu un hommage appuyé à Aimé Césaire et à son œuvre poétique au Panthéon en inscrivant son nom sur une plaque, avec l’accord de son fils aîné, Jacques Césaire, présent à la manifestation.
Les quatre figures de Césaire lors de l’hommage au Panthéon@CLP/FranceTélévisions
Elus, artistes, famille, la composition du public venu assister à la cérémonie en hommage à Aimé Césaire au Panthéon était choisie. Certains avaient fait le voyage depuis la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique. D’autres, « représentants de l’Outre-mer » en France, étaient aussi présents. Il s’agissait de rendre un hommage appuyé à AiméCésaire et à son œuvre poétique. Et pour une fois, gauche, droit et centre étaient ensemble, Césaire a réussi le consensus.
Une cérémonie sobre
Des extraits de poèmes ont été lus par des comédiens, un accompagnement musical avec le flûtiste Dédé Saint-Prix, un dévoilement de plaque et un discours, un seul : celui de Nicolas Sarkozy, Président de la République retraçant les grands moments de la vie d’Aimé Césaire. La cérémonie s’est voulue digne de l’enjeu.
Le moment le plus intense, a été la traversée de la crypte du Panthéon par Nicolas Sarkozy et Jacques Césaire, au son des notes d’une « flûte des mornes », une flûte en bambou jouée par Dédé Saint-Prix.
Interdit d’antenne
Outre l’Hommage de la Nation, de nombreuses émissions sont consacrées à Aimé Césaire en radio comme en télévision. L’événement aura de longues suites médiatiques. A noter que l’accompagnement de la manifestation-hommage a eu lieu sur les chaînes de radio et de télévisions nationales. Ce fait, qui peut paraître aujourd’hui anodin, comprend cependant une portée symbolique forte. Car longtemps, Aimé Césaire a été interdit d’antenne, pour ses idées jugées subversives. Cela se passait au temps de l’ORTF et en Martinique, c’était dans les années 70.
Assimilation vs Départementalisation
Lors de la cérémonie du Panthéon, le poète a plus été salué que l’homme politique. Aimé Césaire, Maire de Fort-de-France pendant 56 ans, a été à l’origine de la loi d’assimilation, dite de « départementalisation ». Voilà la pomme de discorde. C’est cela qui l’a opposé à ceux qui, lui reprochant son rôle à l’Assemblée Nationale, souhaitaient accéder à l’indépendance.
D’accord ou pas ?
Césaire aurait-il aimé cette manifestation, au Panthéon ? Évidement, aucune réponse ne peut être donnée. Seules, les idées avancées par l’homme, celles écrites, dans ses poèmes, essais, discours politiques, entretiens télévisés ou radiophoniques, peuvent donner quelques éléments. Ceux qui l’ont connu affirment qu’il n’aurait non seulement pas accepté la cérémonie, mais qu’il ne l’aurait pas aimée. D’autres, affirment au contraire qu’il n’aurait pu que comprendre l’intérêt pour les Noirs, dans leur ensemble, d’un tel hommage. Chacun s’en tiendra à ses positions et même au-delà de la mort, Aimé Césaire, désormais Grand Homme, provoquera échanges, discussions, interrogations, parfois même, affirmations péremptoires.
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