Actualités - POLITIQUE

Publié le 17/01/2012 | 12:10

Lozès : "Assez de l’infantilisation !"

Par Philippe TRIAY

Patrick Lozès dans les bureaux de La1ere.fr à Paris, le 16 janvier 2012 © Stéphane Weber Le candidat d’« Allez la France ! » considère que l’Outre-mer représente une formidable opportunité pour la France d’être partout dans le monde. Il s’en explique à La1ere.fr.

Patrick Lozès, 47 ans, est l’ex-président du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), aujourd’hui dirigé par Louis-Georges Tin. Né au Bénin en janvier 1965, arrivé en France à l’âge de 14 ans, Lozès a d’abord suivi une formation de pharmacien avant d’intégrer l’Ecole supérieure de commerce de Paris. Il dirige actuellement une petite société de conseil.

Candidat d’ « Allez la France ! » (centriste), fier de ne pas être issu du sérail - « ni énarque, ni avocat, ni magistrat » - précise-t-il, il revendique 200 parrainages d’élus et se dit confiant quant à l’obtention des 500 signatures nécessaires pour concourir à la présidentielle avant le 16 mars, date limite pour le retour des formulaires de parrainage au Conseil constitutionnel.

Patrick Lozès tient à préciser que l’économie et l’emploi sont les grands axes de son programme. « Beaucoup de Français peuvent apporter quelque chose au pays en ces temps économiques compliqués. On entend beaucoup de gens dire qu’il faut produire français ou vendre français, mais ma philosophie d’action est qu’il ne faut pas tant produire français que produire des biens de qualité. Si les produits sont de qualité les Français les consommeront, de même qu’ils seront consommés à l’extérieur ».

Pour le candidat d’Allez la France !, les meilleurs ambassadeurs de ces produits seront les Français ayant « une connaissance des océans et des autres continents ». « Les millions de Français de la diversité peuvent être les pionniers de la nouvelle aventure dans laquelle nous nous engageons. La crise est donc une opportunité et non une occasion de se restreindre ou d’avoir peur ».

A l’heure où la France vient d’être rétrogradée par l’agence de notation financière Standards & Poor’s et passe de AAA à AA+, Patrick Lozès a le ton dur : « La perte du triple A vient sanctionner des décennies d’immobilisme économique en France. Le pays, et notamment le gouvernement actuel, a attendu l’avenir comme on attend un train. La France ne s’est pas appuyée sur ses atouts. Comment se fait-il que la France ne se rende pas compte de l’énergie qu’elle a dans ses quartiers populaires ? »

« Syndrome du réverbère »

La dégradation de la note de la France traduit une manière de voir le pays, par ses politiques mêmes, qui est totalement datée, selon Patrick Lozès. « Ils ont une manière de traiter les problèmes comme s’ils étaient atteints du « syndrome du réverbère ». C’est-à-dire qu’ils cherchent la solution uniquement dans le rond de lumière. Ils ne cherchent pas ailleurs. Mais le monde a changé. De nouvelles économies émergent. Il faut trouver de nouvelles manières de travailler avec le monde. » Alors que nombre de candidats semblent pencher vers une nouvelle forme de souverainisme, l’ex-président du CRAN pense être le seul à ne pas « faire révérence à cette tendance », affirme-t-il.

Avec les Outre-mer, Patrick Lozès pense que la France a une chance extraordinaire d’être partout dans le monde. Cependant, dit-il, « les Français de l’Outre-mer en ont assez qu’on leur tienne un autre langage que celui qu’on tient dans l’Hexagone. Il faut donner aujourd’hui à nos concitoyens d’Outre-mer les moyens de développer leurs économies. Il n’est pas normal que le taux de chômage des jeunes soit aussi important, plus de 50 % aux Antilles et en Guyane. Les gens ne demandent pas l’assistanat. Ils demandent simplement qu’on leur permette de se prendre en main. Ils sont en situation de responsabilité. Assez de l’infantilisation ! ».

Les priorités du candidat pour l’Outre-mer sont la mise en place d’une étude d’évaluation des discriminations économiques dans l’Outre-mer ; la création d’une agence économique pour favoriser la création d’entreprises en Outre-mer ; et la délégation d’une partie des pouvoirs régaliens aux conseils régionaux et territoriaux pour leur permettre de nouer des accords directement avec les pays du voisinage dans les domaines économique et culturel. « Il faut tirer un avantage géographique de ces territoires en leur permettant notamment d’être en relation économique avec les pays qui les entourent », souligne Lozès. « Les vraies questions sont relatives à l’évolution économique des territoires », martèle le candidat d’Allez la France ! «  C’est cela qui préoccupe les gens ».

La direction de campagne de Patrick Lozès est en train de constituer des structures dans tous les départements d’Outre-mer. « Nous voulons nous enraciner dans ces régions. Il y aura des antennes partout », déclare-t-il. « Je vais me rendre dans ces départements avant les élections, notamment en Martinique et en Guadeloupe que je connais déjà, ainsi que Mayotte où je ne suis pas encore allé. Toutefois, la vie ne s’arrêtera pas au 6 mai 2012 et nous continuerons à travailler avec ces territoires ».

philippe.triay@francetv.fr

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