Claude Guéant © AFP
Après Letchimy en Martinique, Lurel et Gillot ont signifié au ministre de l’Intérieur qu’ils ne le recevraient pas lors de sa visite en Guadeloupe prévue le 13 février.
Décidément, Claude Guéant ne s’est pas mis les Antilles dans sa poche, A quelques jours de son départ pour la Martinique, ou il se rendra samedi 11 février, et en Guadeloupe ou il sera le 13 février, ses propos sur la hiérarchie des civilisations ont laissé des traces.
Serge Letchimy, président du Conseil régional de Martinique s’est illustré en lui publiant une lettre ouverte ce lundi. Il lui expliquait alors qu’il n’était pas le bienvenu en Martinique après ses propos sur la civilisation. Puis, le lendemain, il a interpellé le ministre de l’Intérieur à l’Assemblée, lui reprochant de jouer à un jeu dangereux et démagogique « inacceptable ». « Vous nous ramenez à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration ».
En Guadeloupe, le président de Région PS Victorin Lurel, très proche du candidat Hollande, condamne lui aussi les propos de Claude Guéant qui avait assuré que « toutes les civilisations ne se valaient pas ». « C’est une stratégie pour rabattre les voix du Front national. Pour ne pas perdre une élection, on divise la France, et on nous blesse » a justifié le député socialiste.
Victorin Lurel s’est d’ailleurs associé au président du Conseil général Jacques Gillot pour écrire une autre lettre ouverte à Claude Guéant, lui expliquant qu’ici non plus, en Guadeloupe, il n’était pas le bienvenu. « Nous avons été informés de votre prochain déplacement en Guadeloupe et nous sommes au regret de vous faire savoir que nous ne pourrons vous recevoir », écrivent-ils. « Par vos propos consternants sur la hiérarchie des civilisations, vous tournez résolument le dos aux valeurs fondamentales de la République, auxquelles nous Antillais, dont les ancêtres ont connu l’esclavage et la colonisation, restons attachés encore davantage que d’autres. »
Les deux hommes font ainsi référence à Aimé Césaire qui avait refusé de recevoir le ministre de l’Intérieur Sarkozy en 2005, après le vote d’une loi sur les « bienfaits de la colonisation ». « Nous choisirons par conséquent, en toute modestie, de lui emboîter le pas » expliquent les deux hommes.
Dans un tout autre registre, Laurent Bernier, secrétaire départemental de l’UMP et maire de Saint-François condamne lui les propos de Serge Letchimy à l’Assemblée. « Serge Letchimy n’a pas été tolérant » a-t-il affirmé, fustigeant des propos « incompréhensibles ».
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