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Reportage M6 sur la délinquance en Guadeloupe, vérité pour certains, dénigrement intéressé pour d’autres

  • Julien Babel
  • Publié le 18/02/2014 | 20:42, mis à jour le 18/02/2014 | 20:45

Beaucoup de bruit sur les réseaux sociaux, après la diffusion d’un reportage sur la sécurité dans le département. Nombreux sont ceux qui pensent que les chaînes surfent sur la vague de la « dévalorisation » pour faire grimper l’audimat.

© J.Babel
© J.Babel
Après une première série de reportages divers sur le thème général de la « sécurité », un nouvel épisode a eu lieu dimanche soir dans Zone Interdite sur M6. Ce dernier suivi par près d’un million et demi de téléspectateurs.
Les sujets diffusés ont poussé de nombreuses personnes à réagir, parfois alors même qu’ils étaient en cours de diffusion. Les internautes s’indignaient du traitement des informations qui semblait avoir été fait par les journalistes :

Le président du Comité du Tourisme des Iles de Guadeloupe, Hilaire Brudey, regrette cette surenchère, au moment même où l’activité du secteur repart à la hausse. Ecoutez-le :

Fichier audio



Des avis partagés

Toutefois d’autres internautes ont un point de vue nettement moins « épidermique » et s’expriment dans un sens plutôt favorable aux sujets diffusés. Selon eux ils reflètent une part de la réalité :

 



« Guadeloupe bashing »

Le « bashing » est une expression qui désigne une forme de défoulement consistant à dénigrer collectivement une personne ou un sujet. Il s'apparente à un lynchage médiatique. Le développement d'internet et des réseaux sociaux offre à ce type de comportements un nouveau champ d'action, en permettant à beaucoup plus de monde de participer, plus ou moins dans l'anonymat, à cette activité. Un exemple de commentaire de cette nature :



Des faits exacts, et du « sensationnalisme »

Ce que l’on peut objectivement retenir de ce numéro d’enquête exclusive c’est qu’il est construit à partir d’éléments et de faits bien réels et vérifiables. Toutefois l’interprétation qui en est faite et la façon de les présenter sonnent par moments comme essentiellement le fait de « montrer du sensationnel ». Un exemple simple peut illustrer ce propos. La séquence de La Boucan à Sainte-Rose présentée comme une manifestation contre une « minorité blanche », alors qu’il s’agissait d’une manifestation dénonçant le « délogement » d’un certain nombre de personnes.
Si les images présentées sont bien réelles, leur traduction invite à se poser des questions quant à ce que l’on veut faire passer comme message à l’auditeur. L’orientation vers des clivages ethniques est encline à capter l’attention du public, mais elle crée également la confusion et une mauvaise compréhension, surtout quand ce public ne connaît pas le contexte de ce qui lui est présenté.
Toutefois, ce portrait du département est quand même « adouci » en fin de reportage. Un couple s’exprime en disant qu’ils n’ont pas de soucis particuliers depuis qu’ils sont installés en Guadeloupe.
 
Nombreux sont les internautes qui ont manifesté sur les réseaux divers leur sentiment que les sujets faits reposaient essentiellement sur des « clichés ». Il n’empêche que la situation « record » en matière de délinquance en Guadeloupe en 2013 rend à elle seule légitime le fait que les médias s’y intéressent.
Libre ensuite à ceux qui traitent ces sujets de se positionner entre le réel constat et la surenchère médiatique. 

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